Le deuil, les séparations et les fins
Quand on parle de deuil, on pense immédiatement à la mort de quelqu’un. Pourtant, dans une vie, on traverse beaucoup plus de deuils qu’on ne l’imagine. Une séparation est une forme de deuil. Un déménagement peut en être un. Quitter un travail, voir ses enfants partir, perdre une capacité, renoncer à un projet, constater qu’une relation ne sera jamais celle qu’on avait imaginée… parfois même devenir quelqu’un de différent oblige à faire le deuil de celui ou celle qu’on était avant.
Parce qu’au fond, le deuil commence chaque fois qu’il faut apprendre à vivre avec cette réalité étrange… Quelque chose a existé… et n’existera plus de la même manière. Et ça, le cerveau ne l’intègre pas toujours immédiatement.
Intellectuellement, on peut parfaitement savoir qu’une histoire est terminée. On peut savoir que quelqu’un est parti, qu’une relation est finie, qu’une époque ne reviendra pas. On peut même avoir compris pourquoi… avoir accepté la décision… et pourtant continuer à ressentir quelque chose. Parce qu’il y a une différence entre savoir qu’une chose est terminée… et avoir intégré émotionnellement qu’elle est terminée.
Et c’est souvent là que les gens se jugent. « Je devrais être passé à autre chose. » « Ça fait déjà six mois. » « Je sais pourtant que c’est fini. » « Je ne comprends pas pourquoi ça me touche encore. »
Mais justement… si comprendre suffisait toujours à transformer une émotion, il suffirait de comprendre que quelqu’un nous manque pour qu’il cesse de nous manquer. Et ça ne fonctionne pas comme ça.
Une partie de nous continue parfois d’attendre
Lorsqu’une personne ou quelque chose a occupé une place importante dans notre vie, notre cerveau a construit autour de cette présence énormément d’automatismes. Des habitudes, des attentes, des projections, des sensations, des souvenirs. Il a appris qu’à certains moments cette personne était là, qu’on pouvait lui parler, penser à elle, attendre son retour, imaginer quelque chose avec elle.
Et lorsque tout s’arrête… la réalité peut changer beaucoup plus vite que tous ces apprentissages. Alors quelque chose en nous continue parfois d’attendre ce qui ne reviendra plus.
On regarde son téléphone… on pense encore spontanément à raconter quelque chose… on imagine ce qu’on aurait fait ensemble… on retourne mentalement dans certaines scènes… et pendant quelques secondes, quelque chose fonctionne encore comme avant. Puis la réalité revient.
Et c’est parfois cette répétition qui fait mal : retrouver intérieurement quelque chose… puis réaliser à nouveau que cela n’est plus là. Alors le travail n’est pas forcément d’apprendre à oublier. Il est d’apprendre à ne plus attendre de la même manière.
Tourner la page ne signifie pas arracher les pages précédentes
Il y a une expression que je trouve intéressante : « tourner la page ». Parce que certaines personnes entendent là-dedans : oublier, effacer, remplacer, ne plus ressentir. Mais quand on tourne réellement une page dans un livre… la page précédente ne disparaît pas. Elle reste dans l’histoire. Simplement… on n’est plus obligé de continuer à la lire.
Et peut-être que le travail du deuil ressemble davantage à ça. Pouvoir conserver ce qui mérite d’être conservé… un souvenir, un apprentissage, une relation, quelque chose qui a compté… tout en permettant au mouvement de continuer. Parce qu’il existe une différence immense entre garder quelqu’un dans son histoire… et rester soi-même arrêté à l’endroit où cette histoire s’est interrompue.
Et parfois, une partie de nous confond les deux. Comme si aller mieux signifiait trahir. Comme si rire à nouveau signifiait oublier. Comme si aimer quelqu’un d’autre effaçait quelqu’un que l’on a aimé. Comme si reprendre sa vie signifiait que ce qui s’est passé n’avait finalement pas tant compté. Alors qu’on peut parfaitement continuer… parce que cela a compté.
Ce qui fait souffrir n’est pas toujours uniquement ce qui a été perdu
Dans une séparation, par exemple, on ne perd pas uniquement une personne. On perd parfois aussi un futur. Les vacances qu’on imaginait. Une maison. Des habitudes. Des projets. Une version de soi dans quelques années. Et il arrive même qu’on souffre davantage de ce qui n’arrivera jamais que de ce qui s’est réellement passé.
C’est assez étrange lorsqu’on y pense… On peut éprouver un véritable deuil pour un souvenir qui n’a jamais existé. Parce que le cerveau sait créer émotionnellement un futur. Et lorsqu’il l’a suffisamment imaginé… renoncer à ce futur peut produire une véritable sensation de perte.
Alors il y a parfois plusieurs choses à laisser partir. La personne réelle… la relation réelle… et la relation qu’on espérait encore qu’elle devienne. Et ce ne sont pas forcément les mêmes deuils.
Laisser partir n’est pas rejeter
Il y a aussi quelque chose d’important dans cette expression : « laisser partir ». Parce qu’on pourrait croire qu’il faudrait pousser quelque chose dehors. Alors que laisser partir… ce n’est pas faire partir. C’est progressivement arrêter de retenir. Et ce n’est pas du tout la même chose.
On ne va donc pas demander à une partie de vous d’abandonner brutalement quelque chose qu’elle a parfois essayé de préserver pendant des mois ou des années. On va plutôt essayer de comprendre : qu’est-ce qu’elle protège encore ? Est-ce la personne ? Le souvenir ? La peur d’oublier ? La culpabilité ? L’espoir ? L’identité que vous aviez à cette époque ? Ou simplement cette croyance étrange que si la douleur disparaît… le lien disparaîtra avec elle ?
Parce que si c’est cela… alors il devient possible d’apprendre quelque chose de nouveau. On peut perdre la douleur sans perdre ce qui a compté.
Il y a des choses qui finissent… et d’autres qui changent de place
Et c’est peut-être là que l’hypnose devient intéressante. Pas pour effacer. Pas pour oublier quelqu’un. Pas pour fabriquer artificiellement une acceptation. Mais pour permettre à votre cerveau de commencer à réorganiser ce qui est resté suspendu.
Parce qu’un souvenir peut rester… sans envahir. Une personne peut avoir compté… sans que son absence décide de chaque journée. Une histoire peut être terminée… sans devenir une histoire ratée. Une émotion peut revenir… sans reprendre toute la place.
Et progressivement, ce qui était constamment devant peut commencer à retrouver une autre place. Pas dehors. Pas effacé. Simplement… ailleurs. Comme toutes ces expériences importantes de notre vie que l’on ne pense plus chaque jour… et dont on sait pourtant qu’elles font profondément partie de nous.
Et je me demande finalement si faire un deuil consiste vraiment à apprendre à vivre sans quelqu’un ou quelque chose… …ou à apprendre à vivre autrement avec ce que cette personne, cette relation ou cette période a laissé en nous. Parce qu’une fin n’annule pas ce qui l’a précédée. Elle indique simplement qu’à partir de cet endroit… la suite ne pourra plus s’écrire exactement de la même manière.
Et peut-être que quelque chose peut commencer ici. Non pas oublier ce qui est terminé… mais découvrir ce qui, maintenant, peut recommencer.
Comment se déroule l’accompagnement
Les séances ont lieu en cabinet à Idron (Pau) ou en visio, à votre rythme. Il ne s’agit pas d’effacer un souvenir ni de vous faire oublier ce qui a compté, mais de vous accompagner pour que cette période retrouve, progressivement, une autre place dans votre quotidien.
Durée et tarif
Une consultation au cabinet dure 1h20 (80€, réglable par chèque ou en espèces). Une séance en visio, réservée aux personnes ayant déjà suivi au moins une séance au cabinet, dure 1h (70€). Si vous hésitez encore, un appel découverte de 20 minutes, gratuit et sans engagement, permet d’en parler avant de réserver.
Est-ce adapté à votre situation ?
Chaque histoire de deuil ou de rupture est différente, et il n’y a pas de bon moment ni de bonne durée pour qu’elle évolue. Infirmier depuis 20 ans, formé à l’hypnose ericksonienne, je vous accompagne à votre rythme, sans promesse de résultat immédiat. Si vous n’êtes pas sûr·e que ce travail vous convienne, l’appel découverte reste la façon la plus simple d’en juger ensemble.
